Histoire de ce carnaval

Histoire de ce carnaval
Compagnie Carnavalesque Parisienne
Les Fumantes de Pantruche

Pantruche Le Carnaval en 1926 
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de son organisateur officiel, l'association Droit à la Culture

 

  Le cortège de la Mi-Carême

     

    Sous une bise assez aigre et un ciel où apparaissent de vagues menaces de pluie, le cortège de la reine de Paris se forme sur la place Daumesnil, après la réception à la mairie du 12e. Il y a un peu de retard sur l'horaire prévu, mais le pittoresque n'y perd rien, s'il est vrai qu'un peu de désordre le favorise. Les cavaliers de la garde républicaine, qui vont prendre la tête du cortège, sont là bons, premiers. Le char des "Femmes qui votent" suit, avec l'auto fort joliment décorée où prendra place Mlle Ménétrat, reine de l'Association des élèves et anciens élèves de rhétorique, philosophie et mathématiques. Peu à peu, arrivent les chars de la T.S.F., le char de l'alliance franco-russe et diverses voitures où s'étale la publicité coutumière. Enfin, le long cortège se forme tout entier : il est assurément varié à souhait imposant par sa masse et comprend des parties décorées avec beaucoup de goût.

    En tête, les cavaliers et les trompettes de la garde républicaine. Puis nous notons, dans l'ordre : l'Harmonie du XIVe, les étudiants, le char de la Basoche, le Rallye Saint-Hubert de Boulogne, la reine des Catherinettes ; les reines de l'Alimentation, de la Bonneterie, les étudiants de Clamart, la reine de la Couture, la reine des Dactylos, les Féministes, la reine des Fleurs, la reine de la Mode, les reines du Music-Hall et du Cinéma, la commune libre de Montmartre, originale come il convient ; la reine de la Parfumerie, la reine de la Corse, la Fanfare de la ville de Paris, la République de l'ile Saint-Louis, la reine de la Presse, le Soutien de Saint-Gilles : 153 musiciens belges, qui sont très applaudis. Ils précédent immédiatement la reine de Paris, dont le trône est une auto de 18 Ch. Cinq ou six chars ferment la marche.

    Le cortège se déroule par l'avenue Daumesnil, les rues de Charenton, Crozatier et le Faubourg Saint-Antoine.

    L'autre cortège, celui de la reine des reines, organisé par le Comité général des fêtes (fédération des comités d'arrondissement), se forme, à 13 heures, devant la mairie du 12e arrondissement où Mlle Izembert, reine des reines, ses compagnes et les reines d'Alsace et de Lorraine sont reçues avant de monter dans les vingt-quatre voitures à chevaux qui viennent de ranger autour de l'édifice.

    A 13 heures 30, les reines d'Alsace et de Lorraine, en costumes de leurs contrées, prennent place dans le premier landau, qui se met à la tête du cortège ; dans les vingt landaus suivants, tous découverts et décorés de guirlandes de fleurs en papier, montent les reines des vingt arrondissements et leurs demoiselles d'honneur, vêtues de robes claires et légères, malgré le vent froid et les nuages menaçants. Le vingt-deuxième landau est destiné à la Esméralda et à ses compagnes, les "foraines", en costumes de gitanes.

    Le cortège se termine par trois voitures à la Daumont ; dans la première, ornée de fleurs, prend place la charmante reine des reines, Mlle Izembert, qui porte avec autant de grâce que de majesté le manteau de cour, la couronne dorée et le sceptre. Ses demoiselles d'honneur sont dans les deux autres voitures, qui n'ont reçu aucune décoration.

    Les deux cortèges ont passé à travers deux compactes rangées de curieux. Ni la sympathie ni les compliments ne manquent aux élues et au spectacle qui les encadre : il manque seulement du soleil et de la lumière. Les reines, frileuses, relèvent leurs manteaux somptueux, mais comme leur sourire rayonne ! Et on les acclame, puisqu'elles représentent, en ces temps mélancoliques, l'éternelle et invincible grâce de la Parisienne.

     

    Le quartier latin a été parcouru, dans ses principales voies, par la cavalcade des étudiants à la gloire de Mimi-Pinson ; elle a rejoint le cortège de la reine de Paris, pour parcourir les grands boulevards, où la foule était presque celle des Mi-Carêmes d'autrefois.

      LE TEMPS
      rue des italiens, 5
      12 mars 1926

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Mise à jour 2008-10-15
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